Autre avis quant à l'éventuelle fusion IDETA-IEG

Carte blanche de la Députée cdH Véronique Waroux, suite au débat actuel sur une éventuelle fusion d'intercommunales en Wallonie picarde, et sur sa liberté de questionnement parlementaire.

Nos intercommunales en mariage forcé : "Voulez-vous couler avec moi ?"

IEG doit épouser IDETA ! Voilà le nouveau postulat. La dernière "bonne vieille idée",Véronique Waroux 3 copie.jpg retirée des cartons PS et MR. Sans préciser qui gérera les projets et les comptes... Au nom du "mariage de raison", "si nous ne le faisons pas, l'imposition viendra de plus haut". Sous-entendu "sans que les fiancés puissent rédiger eux-mêmes le contrat nuptial."

Ne s'agirait-il pas plutôt d'un mariage forcé, pourtant interdit sous notre régime légal? L'union n'est-elle pas généralement précédée d'une période de séduction, où chaque parti tente de se montrer séduisant ? Ici, que voyons-nous ? Le fiancé IDETA avoue avoir des difficultés pour garantir son avenir ("il ne sait plus assumer ses missions principales"), avoir "épuisé ses réserves financières", demande qu'on renfloue ses comptes et se hasarde dans des activités expérimentales. Avec pareille "dot", comment reprocher à la future "mariée" IEG d'avoir des doutes sur la stabilité de l'union, malgré un intérêt commun pour les zones d'activités économiques ?

Non, décidément, qui peut croire qu'un tel mariage forcé, si brutalement re-proposé en cette période de crise intercommunale régionale, a une chance de fonctionner ? Oserait-on l’écran de fumée", ou comme le Président d'IEG l'évoque un "moyen de diversion", qui permettrait d'éluder les vraies questions posées sur IDETA, demeurées toujours sans réponses à ce jour ?

Comme un écran de fumée risque de se dissiper assez rapidement, mieux vaut avoir plusieurs fers au feu. L'autre est vieux comme le monde : conspuons le messager ! Ainsi, dans un article de presse publié dimanche dernier, le Ministre Président de la Wapi, qui rappelle son soutien total à IDETA, reproche à la Députée Véronique Waroux les questions posées sur son intercommunale : "Ce débat aurait dû se faire dans le cadre des organes des formations politiques et être exprimé de façon non polémique" – Il s'agit "d'un opportunisme de mauvais aloi" - "C’est la méthode qui m’indispose" - "Quel est le but ultime de l’intervention ?"

Est-ce donc anormal qu'une Parlementaire pose des questions … parlementaires sur la gestion et les investissements d'une intercommunale de sa région, et cela depuis bien avant l'Affaire Publifin ? Elle a pourtant interrogé des administrateurs cdH, qui se sont montrés rassurants. Mais ces histoires de filiales sans administrateurs publics et d’énergies renouvelables non durables ont néanmoins continué à la travailler… Et elle pose des questions, l'insolente. Sans demander l'autorisation, sans se prêter au jeu qu'on veut lui imposer : "Sois parlementaire et tais-toi !".

En conclusion: oui à une rationalisation des intercommunales, le Gouvernement wallon la réclame, mais encore faut-il viser à créer des entités "nouvelles", fondées sur des "bases totalement réécrites" et non sur le mélange ou l'intégration forcée d'identités actuelles aussi dépareillées. Oui aux débats publics, démocratiques, autorisés hors des murs opaques des intercos.

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