Fin des quotas sucriers ...

 

Dernièrement, Paul-Olivier Delannois a adressé une question écrite au ministre Ducarme concernant les conséquences que la fin des quotas sucriers aura sur les agriculteurs. En Wallonie picarde, le nombre de planteurs est important et il est nécessaire que le prix de vente de la tonne de betteraves puisse être correct !

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Paul-Olivier Delannois: 

 

Depuis le 1er octobre 2017, les quotas sucriers instaurés depuis 1968 au sein de l'Union européenne ont été supprimés suite à la réforme de la politique agricole commune. En clair, les producteurs européens du secteur, et donc les betteraviers de notre pays, devront adapter leur production à la demande réelle du marché, seront mis en concurrence avec les entreprises mondiales et n'auront pas la garantie d'obtenir un prix minimal. Cette mesure va engendrer toute une série de conséquences pour les entreprises du secteur qui devront s'adapter à ces nouvelles règles. Pourriez-vous donner des précisions sur l'impact, notamment financier, que cette mesure aura sur nos agriculteurs? En tant que ministre de l'Agriculture, comment vous positionnez-vous par rapport à la fin des quotas sucriers?

 Dernièrement, Paul-Olivier Delannois a adressé une question écrite au ministre Ducarme concernant les conséquences que la fin des quotas sucriers aura sur les agriculteurs. En Wallonie picarde, le nombre de planteurs est important et il est nécessaire que le prix de vente de la tonne de betteraves puisse être correct !

 

 

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Denis Ducarme: 

 

Monsieur le Député, 

 

Les questions liées à la suppression des quotas européens de production de sucre constituent un sujet d’importance.

 

La fin des quotas sucriers était effectivement prévue en octobre 2017, suite à une décision européenne prise il y a près de 10 ans.

 

La Confédération Belge des Betteraviers (CBB), qui représente près de 8000 producteurs en Belgique s’était, dès début 2016, inquiétée de l’absence d’accord interprofessionnel pour la période post-quota. A cette fin,  l’Observatoire des prix avait publié fin 2016 une étude sur la filière sucre afin de fournir des informations objectives dans le cadre des discussions en cours. L’objectif de cette démarche était de trouver un accord équilibré entre les producteurs belges et la Raffinerie Tirlemontoise pour la période post-quota.

 

L’étude de l’Observatoire des Prix a été publiée et a inclus notamment une analyse de la rentabilité qui décrit 2 points importants :

 

D'une part, les recettes totales des producteurs de betteraves, pendant toute la période considérée (2008-2013), si elles permet­taient de couvrir les coûts totaux, ne permettaient cependant pas de leur assurer une rémunération pour leur propre travail. Une extrapolation montre par ailleurs que cela semble également avoir été le cas en 2014. En 2015, le résultat brut aurait même été négatif.

 

D'autre part, l’industrie sucrière est un secteur plutôt rentable en Belgique en raison notamment de l’amortissement des infrastructures des raffineries.

 

Les discussions contractuelles entre la Raffinerie Tirlemontoise et la Confédération Belge des Betteraviers sont en cours pour la campagne 2018 / 2019 . J’espère qu’un accord interprofessionnel équilibré permettant d’assurer un revenu rémunérateur aux producteurs pourra être trouvé d’ici peu.

 

Par ailleurs, un accord a été trouvé pour la prochaine année de récolte entre les producteurs betteraviers et la raffinerie ISCAL et, ce aux mêmes conditions de prix que cette année.

 

Il n’est hélas pas possible d’évaluer à ce stade l’impact de la suppression des quotas européens sur les rentrées financières du secteur car cela dépend notamment du prix du sucre sur le marché mondial mais aussi du nombre de producteurs qui conserveront leur production. Le prix du sucre atteint aujourd’hui près de 365 $ la tonne<!--[if !supportFootnotes]-->[1]<!--[endif]--> alors qu’il s’élevait à 600 $ la tonne l’année passée. Ces prix varient en fonction de la production mondiale et ne sont donc pas prévisibles à moyen terme.

En ce qui concerne des précisions détaillées sur l’impact de la fin des quotas, il s’agit d’une question qui relève de la compétence des ministres régionaux. Il existe en effet des groupes techniques « sucre » au sein des institutions européennes auxquels participent les experts des administrations régionales. Pour ma part, je défendrai tout outil, développé de préférence au niveau européen, qui puisse assurer un revenu rémunérateur aux producteurs belges.

La nouvelle PAC post 2020 devra conserver la possibilité d’accorder des aides au stockage privé pour le sucre et d’appliquer des mesures de crise à l’instar du mécanisme utilisé pour le secteur laitier en 2016. 

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